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Mercredi 31 juillet : stage Mont-Blanc jour 3. Aiguille du Midi. Temps de merde. [Julien raconte]
La veille, on décide d’aller dormir à 21h21 - c’était un signe, il allait forcément se passer quelque chose… 2h30 du matin, la pluie tombe sur les tentes et j’entends dans mon sommeil une petite voix effarouchée qui appelle : « Julien ?, y a de la place dans ta tente ? » C’est Guigui qui vient se réfugier au sec : sa tente est complètement trempée : ça a commencé par le sol , puis ça a traversé le tapis de sol qui, une fois imbibé d’eau, a trempé petit à petit le sac de couchage, des cuisses à la tête. Il n’y avait plus que les pieds de sec ! A force, ça a fini par le réveiller le Guigui, et je l’ai donc accueilli dans ma tente waterproof, dans ma grande bonté. C’est qu’il a les pieds qui sentent le fromage le Guigui, et en plus, il ronfle… On se rendort tant bien que mal, surtout Guigui qui n’a pas de sac de couchage et qui n’a qu’un sac plastique en guise de tapis de sol… Réveil 7h. Plein de nuage bas dans la vallée. Brioche, confiture, lait. Arrivée au pied du téléphérique de l’Aiguille du Midi à 8h. on retrouve Fred qui nous avoue que même un guide peut se retrouver sur le cul. Le téléphérique est plein de japonais, apparemment déçus par la vue inexistante, l’Aiguille du Midi est dans les nuages. Je poste nos cartes postales dans la plus haute boite aux lettres d’Europe, puis on va chausser nos crampons. On se fait photographier par une horde de japonaises toutes excitées par notre attirail de super alpinistes qui vont braver la neige, le vent et le froid. On prend la pose. On descend dans la neige, en plein brouillard. Il commence à neiger. On voit à peine à 5 m et nos lunettes sont toutes embuées. On croise des campeurs… On fait le tour de l’Aiguille du Midi, jusqu’à une pente neigeuse bien raide qu’on escalade pour atteindre une arête rocheuse. Fred nous dit qu’il y a 1000 m de vide de chaque côté : on veut bien le croire, mais on n’y voit rien, tant mieux, on a moins le vertige. On escalade dans les rochers jusqu’au refuge des cosmiques : chocolat chaud, barres de céréales. On repart pour remonter à l’Aiguille. cette fois, il neige fort, le vent s’est levé et on entend l’orage gronder. Du coup, Fred accélère et on monte à marche forcée. On double plusieurs cordées. Arrivés à l’Aiguille, on est de nouveau accueillis par les japonais qui nous dévisagent, plein d’admiration. il faut dire qu’on ressemble à des bonhommes de neige, ou à des explorateurs tout droit sortis du pôle Nord, avec nos 5 cm de neige qui recouvrent nos épaules, nos bras et nos sacs à dos. Fred nous félicite, on est monté comme des dieux, le Mt-Blanc c’est dans la poche ! L’orage aura beau nous faire dresser les cheveux sur la tête, le refuge aura beau crépiter d’étincelles, on ira en haut ! En attendant, Guigui va acheter une jolie marmotte pour Aline, qui lui avait adroitement suggéré que s’il voulait lui faire plaisir, l’idée était toute trouvée. Il est midi, on mange en attendant le télélphérique : saladière, saucisse à croquer, comté, chocolat. On redescend à Chamonix, Fred nous donne rendez-vous demain au camping à 7h50. il pleut, on va se réfugier sous un porche pour finir de manger. On erre comme des âmes en peine dans les rues pluvieuses de Chamonix. Puis on décide d’aller à la bibliothèque de l’ENSA (Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme) où on trouve de la doc sur le GR20 et sur le tour de l’Oisan, que nous a recommandé Fred. On ca acheter une bouteille de « liqueur du refuge », apéritif chamoniard à 50 % - Ce sera pour Fred si on va au sommet, pour nous pour se consoler si on échoue lamentablement… On va louer des bâtons, il paraît que ça aide (ce n’est pas Nathalie qui dira le contraire) et Guigui se trouve un joli bonnet pour couvrir ses oreilles frileuses bien qu’elles soient complètement cramées par les coups de soleil. Retour au camping. On a juste le temps d’étendre nos affaires dehors avant qu’il se remette à pleuvoir à verse. On rentre tout dans les tentes. Un polonais de Cracovie vient me voir et me demande si ce sera possible de monter au Mt-Blanc demain et après-demain. Je lui dis qu’on y va mais que la météo est moyenne. Il a l’air complètement paumé, il devait faire l’ascension sans guide avec des copains, mais les copains sont en Suisse et les portables ne marchent pas. Peut-être qu’on le reverra pendant l’ascension… Il pleut toujours et on commence à se dire qu’il va falloir faire cuire les pâtes dans la tente… heureusement, ça se calme – Pâtes bolo – Dodo.
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