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Jeudi 01 Août : stage Mont-Blanc jour 4. Refuge du Goûter (3819 m). Temps couvert en bas le matin, dégagé en haut l’après-midi. [Guillaume raconte]
Après une nuit passée à 2 sous la tente de Julien, on se réveille vers 7h. Le temps est couvert partout sauf sur le Mt-Blanc : c’est sûrement bon signe… Fred arrive au camping à 7h50 et on part direction les Houches pour le téléphérique de Bellevue. Une fois sur place, on retrouve Gilou, les 3 frères et compagnie. Dans la montée du téléphérique, on rentre dans les nuages… en haut, petite marche de 2 min pour rejoindre le Tramway du Mont-Blanc. Il est 8h30, et tous ceux qui veulent monter au Mt-Blanc se donnent rendez-vous ici. Le train part, lentement, jusqu’au Nid d’Aigle (2372 m) où on apprend que le bâtiment qui se trouvait là-bas a sauté il y a pas longtemps à cause d’une bouteille de gaz… C’est parti, nos « petits » sacs sur le dos. Au début, c’est un chemin classique de moyenne montagne, au milieu des cailloux, en face de l’Aiguille de Bionnassay. Profitant d’une éclaircie, on aperçoit déjà le refuge du goûter tout là-haut, qui paraît tout proche (1500 m plus haut). Fred fait une pose téléphone, nous continuons notre chemin, « il nous rattrapera ». Les autres guides plaisantent « vous avez déjà lâché votre guide ». Fred nous rattrape un peu plus haut au niveau d’une petite cabane et d’un petit plateau. Pose pipi + barres. On voit un hélico aller et venir jusqu’aux refuges du Goûter et Tête Rousse, d’abord en VFR, puis dans les nuages. On s’interroge : « y a-t-il un VOR au Goûter ? Fred nous questionne sur notre métier et sur l’aviation en général tandis que la pente augmente vers le refuge Tête Rousse (3167 m). on y arrive finalement vers 11h après avoir traversé un petit névé. On est dans les nuages. Pose. On met le baudrier, on se couvre un peu, on mange un bout de pizza, croque-monsieur et quelques barres et pendant que les autres rentrent dans le refuge, Fred décide de repartir. Dans la neige d’abord (mais pas besoin des crampons), puis dans les cailloux. La pente s’accentue et, par endroits, il y a des câbles servant de main-courante. On arrive finalement à l’endroit redouté : le sentier longe sur 50 m une paroi assez pentue (mais normale) couverte de roches et éboulis prêt à tomber au moindre coup de vent (on le verra mieux au retour). Là, on est dans les nuages, on ne voit rien, maison peut entendre. On se met à courir pour traverser ce passage au plus vite, mais le sol n’est pas très facile, et en plus, on est attachés… Puis le sentier grimpe parallèlement à droite des éboulis sur une zone avec de gros rochers stables. Ca monte de plus en plus, on doit sortir les mains des poches. Puis sur la pente finale, ça grimpe vraiment, on s’aide de plus en plus de câbles servant de main-courante. On arrive au refuge du Goûter (3819 m) vers 1h, situé juste à la limite entre les rochers et la neige… on est toujours dans les nuages. On rentre, on laisse casque + piolet + bâtons dans la première petite entrée, puis les chaussures dans la seconde. On récupère des chaussons en échange et on va dans la pièce principale qui ressemble à celle du refuge Elisabetta en un peu plus grand. La cuisine sur la gauche est petite, et les cuistots ressemblent plus à des riders qu’à des cuisiniers-serveurs. Il y a déjà du monde, étrangers, français, on nous dit que jour d’affluence, le refuge est bondé et qu’on dort à 3 sur 120cm… Il y a même des gens qui campent derrière le refuge (on ne peut pas les voir, mais on verra les emplacements au retour). On s’assoit et on finit de manger. Fred nous dit qu’on est vraiment bien monté, une de ses plus rapides montées avec clients. On se repose et on va voir nos lits (61 + la moitié du 62 soit 90 cm). Le temps se dégage et Fred, craignant qu’il ne fasse pas beau demain, se tâte à repartir tout de suite, voyant que nous ne sommes pas fatigués. Seul problème, le vent qui s’est bien renforcé. Finalement, suivant les conseils de Gilou qui nous prévoit du beau temps pour demain, on décide de rester. Dehors, on est maintenant au-dessus d’une mer de nuages avec à gauche l’Aiguille de Bionnassay qui dépasse… c’est très impressionnant. On ne peut pas voir le Mt-Blanc, car on est en contrebas de l’Aiguille du Goûter. Dehors, il fait pas chaud, surtout quand le vent souffle. Visite des toilettes : ils sont dehors, chiottes à la turque avec un trou donnant sur la neige dessous. On ne ressent pas les effets de l’altitude, cependant, beaucoup de « clients » font une sieste. Tournant un peu en rond, je décide d’en faire autant. Ca ronfle déjà beaucoup… quand je me relève, vers 5h30 – 6h, on est toujours au-dessus des nuages, et il y a toujours des gens qui arrivent au refuge dont notre copain polonais. On s’assoit pour manger : soupe avec bouts de pain, lentille et saucisse, mousse au chocolat. C’est le bordel complet au moment du service, nos cuistots-riders sont super efficaces et énergiques. On achète de l’eau à 4 euros la bouteille, puis on ressors dehors discuter un peu avec gilou qui nous prend en photo et qui conseille à Julien de mettre des plastiques autour de ses chaussures s’il a peur d’avoir froid. Dodo vers 8h30. Je m’endors tout de suite. D’après Julien, on assiste à un concert en pet majeur, parfumé à la lentille…
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