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Vendredi 02 Août : stage Mont-Blanc jour 5. Mont-Blanc. Beau temps. [Guillaume raconte]
Je me réveille en pleine nuit : je crève de chaleur. Je pensais qu’on aurait froid et j’avais gardé le pantalon et la polaire ; mais entassé comme nous sommes, c’est un vrai four ! Et ça pète dans tous les sens (sacré lentilles), ça ronfle aussi pas mal (moi le premier d’après Julien). Pensant d’abord qu’il était presque 2h, je me réveille bien, mais voyant sur la montre de Julien qu’il n’est que 11h, je me dis que 3h à attendre, ça fait long. Au bout d’1/2h à ne pas réussir à dormir, je décide d’aller faire un tour dans la salle. Il fait nuit, mais j’y arrive quand même : je m’assois sur un banc : premier constat, on voit les étoiles et les lumières de la ville, il va faire beau. Deuxième constat, il y a des gens qui dorment par terre sous les tables et qui pètent aussi. Je n’arrive toujours pas à dormir, il fait un peu froid. Je retourne dans la chambre et je parviens finalement à me rendormir. Je sors d'un profond sommeil en sursaut vers 1h45 du matin, jour de la Saint Julien ! Branle-bas de combat, tout le monde se prépare, frontale sur la tête. Un court instant, je me demande où je suis puis je me prépare aussi. Je vais dehors aux toilettes (sacré lentilles) avec ma frontale, il fait pas trop froid, mais c’est vraiment immonde ici ! On va prendre notre petit-déjeuner avec Fred qui nous demande si on a bien dormi. Il nous dit de finir de nous préparer et de le rejoindre dehors. On se prépare un peu lentement, dans le bazar général, le temps de retrouver chaussures, piolet,… Une fois dehors, Julien s’aperçoit qu’il a mal mis ses crampons, et moi j’ai la soudaine envie de mettre des compeed à mes petits pieds. J’enlève gants, chaussures, chaussettes…F On part finalement dans les derniers : derrière nous les lumières des villes, devant nous le petit train de frontales qui grimpent. Suivant le rythme soutenu de Fred qui croit en nous (et qui doit se dire que plus tôt rentrés, plus tôt il retrouve sa petite famille qui rentre aujourd’hui de la clinique…), on double une à une les cordées qui nous précèdent en allant tout droit technique bulldozer. Julien et moi avons un peu froid aux pieds ,et j’ai également froid aux doigts (je n’aurais pas dû poser mes gants sur un banc mouillé tout à l’heure pour mettre les compeed). Du coup, je rentre d’abord l’auriculaire droit au chaud, puis tous les autres. Heureusement que Fred m’avait prêté ses sous-gants ! On arrive très vite au Dôme du Goûter (4304 m) en pensant à bouger nos orteils et doigts sans arrêt. Le Mont-Blanc apparaît sous nos yeux, encore très haut, avec la lune au-dessus. Wouuaaouuuuhh ! ! ! Le dôme est très large et fait un léger creux ce qui fait qu’on redescend un peu, puis on remonte vers le refuge Vallot (4362 m). Pose barres + eau + réchauffage de pied en balançant la jambe d’avant en arrière. Il est à peu près 4h30. on repart vite en attaquant la première bosse très longue et on double toujours du monde. Pendant ce temps, le ciel s’éclaircit de plus en plus, commençant à éclairer un peu les dômes autour de nous… L’altitude n’a bizarrement toujours aucun effet sur nous. Puis on attaque la deuxième bosse, beaucoup plus courte. Enfin c’est la montée finale et les dernières arêtes menant au Mont-Blanc. Fred nous demande si ça va, on répond que oui, mais peu après, je commence à me sentir un peu barbouillé, et à faiblir tandis que Fred et Julien fonce toujours. J’essaie de garder un bon rythme, mais je ralentis tout de même la cordée, Julien super motivé voulant finir en courant. Au détour d’un virage, il me regarde et me dit que je suis tout vert ! c’est juste que je viens de me transformer en Hulk, pourquoi ? Sur la dernière arête on aperçoit 2 personnes qui sont déjà au sommet, on y est presque ! Le ciel devient tout rose l’espace de quelques minutes, c’est magnifique ! mais ce n’est pas vraiment le moment pour s’arrêter prendre des photos. Un dernier effort et on arrive au sommet tandis que les 2 repartent déjà 4810.40 m D’un côté, on voit l’Aiguille du Midi, les Aiguilles de Chamonix et la montée des Cosmiques sous le soleil. Au loin un peu plus à droite, le Cervin puis de l’autre côté de l’arête, le Mont-Blanc de Courmayeur. Plus à droite au loin, le massif des écrins et en bas le pré de saxe Courmayeur. On voit aussi l’ombre gigantesque du Mont-Blanc, et différents massifs dont celui des Aiguilles Rouges, le lac de Genève recouvert d’une brume matinale et chamonix là, juste en bas. On prend photos sur photos, il ne fait pas froid du tout (-12 mais pas de vent) et au bout de 20 – 25 min, avec l’arrivée de plus en plus de monde, Fred décide de redescendre. Déjà. 2500 m de descente ! ! je passe en tête. Je ne suis plus barbouillé, mais par contre, j’ai mal au crâne, mais rien de bien méchant… on croise plusieurs cordées qui montent péniblement, on croise même notre copain polonais tout seul, l’air un peu perdu. La descente est très rapide, on s’arrête de temps en temps pour prendre des photos, et on sent que le vent est de plus en plus fort. On arrive très vite au refuge Vallot, puis au dôme du Goûter. Le léger faux-plat me coupe bien les jambes, mais j’essaie néanmoins de garder un bon rythme. Il y a des rafales de vent qui nous envoient de la neige qui claque sur le visage… Fred repasse devant dans la descente pour aller plus vite, j’aurais aimé prendre un peu plus mon temps dans la descente étant donné qu’il ne fait pas froid, mais il faut le suivre ! La descente du dôme du goûter est assez longue (on ne s’en était pas rendu compte dans la montée) et on arrive finalement sur l’arête du Goûter ou le vent est violent. On s’arrête néanmoins prendre quelques photos et on termine la descente jusqu’au refuge. Il est 8h30. On reprend quelques forces et je change de pantalon. Inutile de moisir ici, on décide de repartir vers 9h. début de la descente dans les rochers où on double un groupe. Puis on arrive à nouveau à l’endroit où tombent des pierres. Il y en a beaucoup qui tombent aujourd’hui avec le vent qui souffle ! on profite d’une accalmie et on se met à courir. Puis on continue. Julien commence à avoir de plus en plus mal aux genoux, il regrette d’avoir couru dans certaines descentes la semaines dernière. On repasse près du refuge Tête Rousse et péniblement, après avoir croiser le chemin de qui montaient au Goûter, et de petits bouquetins, nous arrivons au Nid d’Aigle, plein de touristes. Il est 11h30 Train puis téléphérique nous ramènent aux Houches. Fred nous ramène au camping, on se remercie mutuellement, on lui file une bouteille, et il nous file son adresse internet et son téléphone. Adieux. On finit de manger la brioche. Je fais sécher mon duvet. Il fait très chaud. Douches. On part en ville rendre le matos, puis on va à la maison des guides chercher notre petit diplôme. On part ensuite à la gare pour changer nos horaires de train du lendemain. Enfin, on va au casino faire quelques courses : on arrose la Saint Juju avec du Yop et on s’achète un paquet de biscuits apéro. On rentre au camping, on range les affaires. Il fait très chaud et comme on a peu dormi la veille, je fais une petite sieste. Soirée pâtes bolos, tandis que notre copain polonais rentre au camping, l’air bien crevé ! Dodo après avoir écrit une carte à Jérôme et Céline. Je retourne dans ma tente priant pour qu’elle ne reprenne pas l’eau.
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