stage Mont Blanc jour 2

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Mardi 30 juillet : stage Mont-Blanc jour 2.

Petite Verte.

Beau temps + orages en fin de journée.

[Guillaume raconte]

 

Réveil 7h15. 8h, on part à la maison des guides pour rejoindre Fred, comme convenu la veille. Il est à l’heure, nous aussi, tout va bien. Il me propose de laisser mon sac dans sa voiture, ce que je fais. Je prends l’appareil photo de Laurie, moins encombrant que le mien. Il y a un siège bébé à l’arrière, on apprendra par la suite que sa copine a accouché d’une petite fille vendredi dernier : autant dire que ça doit le faire chier d’être avec 2 blaireaux comme nous.

Départ vers le téléphérique des Grands Montets (1235 m – 3300 m) à Argentière au son de Manu Chao (Me gusta la montaña, me gustas tu). Arrivée : superbe panorama sur l’Aiguille du Midi et le Mt-Blanc à droite, l’Aiguille Verte en face, le Glacier d’Argentière, l’Aiguille d’Argentière et du Chardonnet à gauche. Fred nous montre la Petite Verte, petit rocher (3510 m) en contrebas de l’aiguille du même nom. On parle de choses et d’autres, notamment des voyages de Fred au Pérou et en Bolivie, puis on se prépare. Crampons, piolet. Julien a un peu de mal avec ses crampons, peut-être le signe qu’il va en chier… On s’encorde. Julien est deuxième et moi à la fin, ma position préférée, elle me permet de voir la fraîcheur physique de mes adversaires. On part sur une pente normale, je vois tout de suite que Julien veut se débarrasser de moi en piétinant la corde à coup de crampons… Il ne faut donc pas que je tombe. On alterne virage à droite puis à gauche pour reprendre en main le cramponnage. Julien met à un moment le pied à un endroit et s’enfonce de 20 cm. Bêtement je mets le pied au même endroit et ma jambe rentre dans un trou. Je soupçonne Juju d’être de mèche avec les crevasses aujourd’hui : il a donc pensé à tout ! On rechope la trace normale (trace semblable à celle du Mt-Blanc) où on se contente de mettre un pied devant l’autre sans utiliser le piolet. Puis Fred, suivant je ne sais quelle mouche, tourne à gauche. Au début je crois que c’est pour mieux voir le glacier en bas, mais non, il commence à monter, monter… C’est le début de l’escalade. Au début on utilise toujours le piolet à la base, mais très vite, on est obligé de monter sur une pente à 70 degré par endroits façon Cliffhanger. Heureusement, on sent que Fred nous assure, mais quand même, on ne veut pas tomber, parce que ça fait peur. Et la peur, la voici la voilà, en même temps que le mal aux mollets. On monte à peu près par tranche de 20 m, c’est long, surtout quand on n’a pas la technique idéale. On est crispé sur les pieds et les mains. Julien donne toujours autant de coup de crampons sur la corde, m’envoyant même de la glace dans la figure. Mais je m’accroche comme je peux, je le suis, parfois je m’arrête alors qu’il veut grimper et, stoppé par la corde, il se met à raler. A un moment, Julien lutte, ne parvenant pas à enlever un nœud fait par Fred autour du piolet. A un autre moment, il a la chance de devoir dévisser une cheville en pleine pente (alors qu’il pensait que ce serait à moi de le faire…).

Bref, nous faiblissons de plus en plus en voyant ce qu’il nous reste à gravir, et comble du comble, nos piolets sont de plus en plus difficiles à retirer de la glace. Ca fait râler Juju encore, et aussi à cause de ses mollets. Je l’avais jamais entendu gémir de la sorte. Moi, je gémis en silence, grimpant comme je peux et priant pour que les crampons de Juju ne me tombent pas dans la figure. Donc après 2 ou 3 arrêts, où l’on croise des gens mal encordés (selon Fred) et en longeant par endroit la roche, on arrive sur le rocher final. Mais c’est pas fini, il faut maintenant grimper sur les gros blocs, avec les crampons. On est quand même un peu plus à l’aise car on peut trouver des prises sûres…

On arrive en haut vers 11h30. on prend des photos et on se congratule… on est les seuls en haut jusqu’à ce que 2 personnes arrivent : on décide alors de redescendre pour manger un peu plus bas. C’est moi qui passe maintenant le premier ! Je m’aperçois que c’est chiant d’avoir une corde dans les jambes et que Juju ne faisait sans doute pas exprès de marcher dessus. Il faut essayer de rester à distance constante pour que la corde reste à moitié tendue. Petit passage en rappel sur 2 ou 3 m… j’aime pas le moment où on se laisse aller dans le vide. Descente relativement technique (une des plus dure de notre petite carrière d’escaladeur…) puis on arrive à un plat. On ange de la pizza froide (miam ! !) en compagnie de choucas bagués (sorte de merle ou corbeau), pain jambon, saucisson, fromage… et on se repose un peu.

On repart via le sentier de glace normale : c’est beaucoup plus facile, il n’y a qu’à se laisser aller. On longe 2, 3 crevasses et on revient au point de départ.

Fred monte les escaliers quatre à quatre, Juju et moi soufflons comme des bœufs. Ca promet pour le Mt-Blanc. Dernière marche jusqu’à la terrasse en attendant le téléphérique puis on redescend. On parle du TMB à Fred qui nous conseille de la marche autour du massif des Ecrins (Oisan) , vallées complexes et très sauvages. Retour à la voiture, le volant est super chaud. Fred nous dépose en centre ville et nous donne rendez-vous demain au téléphérique de l’Aiguille du Midi à 8h : tenue complète exigée en prévision des orages, ça promet encore… il est 3h.

On va au super U puis on achète des cartes postales en face. 5 min plus tard, je m’aperçois que j’ai oublié mes cartes, je fais demi-tour, on se sépare. Rendez-vous au camping. Le ciel s’assombrit, les orages annoncés arrivent. J’essaie de faire vite mais je sui chargé. Il se met à pleuvoir au rond-point, je mets mon poncho et j’arrive finalement au camping. Pas de Juju. Il arrive 1/2h plus tard, s’étant mis à l’abris dans les magasins. On récupère des stylos et on écrit nos cartes. Puis pâtes bolo et dodo.

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Dernière mise à jour le : 06 novembre 2002.