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Dimanche 21 juillet : étape 2. Plan des Fours (7h40) - Refuge Elisabetta (13h30 - 14h). Dénivelé : + 777 m / - 919 m Temps apocalyptique. [Guillaume raconte]
Lever 6h30, réveillés par les cris des marmottes. Julien va faire pipi, voit des gros nuages et se dit qu’il vaut mieux plier les tentes. Nathalie et Alexis ont visiblement du mal à émerger. Départ 7h40 juste avant les premières gouttes. C’est la première occasion de tester nos ponchos sous une pluie fine. Commence une longue descente jusqu'à la Ville-des-Glaciers : pendant celle-ci, Nicolas se remplit les chaussures d’eau en traversant une rivière « de façon grotesque », comme dit Nathalie. Nous nous arrêtons près des Chalets des Tufs (1993 m) où Aline trouve un coin tranquille et où je me mets en short pour garder mon pantalon au sec (très judicieux !). Troupeaux de vaches. Belle vue sur le haut val des Glaciers et l’aiguille des Glaciers. Nous arrivons à la Ville-des-Glaciers (1789 m) vers 10h : 3 maisons et demie. Pause pansements et eau, petits veaux d’une semaine nourris au biberon. Redépart, on hésite entre garder ou retirer les ponchos. Montée douce vers les Chalets des Mottets (1870 m) : pause caca, avec chiottes à la turque. Nicolas apprécie, moi également. Jusqu'à la dernière crotte !... Redépart vers le col de la Seigne (2516 m) : 646 m de dénivelé positif. J’échange mon sac avec celui de Nicolas (ouais !). Le temps se gâte et tourne à la tempête au fur et à mesure qu’on grimpe. Le vent se lève. Chemin boueux. Vent et pluie de plus en plus forts. Le groupe s’éparpille, les ponchos éclatent, Priscilla se prend les pieds dedans. Il pleut beaucoup (grêle ?). On est tous trempés, les chaussures pleines d’eau, les sacs mouillés. Alexis se remet en question. Qu’est-ce que je fous là ? Même chose pour tout le monde... on grelotte. On arrive finalement au sommet et on passe en Italie sous un vent terrible. A ce moment-là, je ne suis plus qu’avec Aline et Nicolas. Les autres sont éparpillés loin devant. Aline manque de s’envoler... Descente. Ça caille dur. Vent. Nicolas me demande de lui faire son lacet : premier essai impossible, mes doigts sont gelés ! Deuxième essai un peu plus bas après un chalet en ruines : concentration... double nœud réussi ! Très long plateau jusqu'à apercevoir le refuge Elisabetta 50 m plus haut, et le Glacier de la Lée Blanche. Dernier effort. Refuge Elisabetta (2258 m): 13h30 - 14h. Ouf. Il fait chaud. On étend nos affaires. On décide de rester là. Bouffe : pain de mie, pâté, saladières, pommes. Et café pour Sébastien. Puis tentatives vaines de faire sécher les pompes. Courte partie de tarot. On discute avec trois randonneurs qui vont de refuge en refuge, et qui font le tour dans l’autre sens. Ils n’en reviennent pas de voir qu’on porte tentes, réchauds et bouffe. Le temps passe vite, tout le monde est crevé. Le soir, pâtes bolo dans l’entrée du refuge : vraie bouillie de pâtes, mais la quantité y est (1,5 kg pour 9). Le chef nous donne une bassine d’eau chaude pour la vaisselle (super !) et du papier journal pour éponger l’eau des chaussures. On rencontre deux Suisses, qui font le TMB avec leurs parents de 60 ans : à chaque fois, ils montent, laissent leurs sacs en haut, et redescendent chercher ceux de leurs parents. Bref, ils font le TMB deux fois dans un sens et une fois dans l’autre... Bonne douche chaude (25 l ≈ 3 min). Larvage au dortoir. Dodo vers 9h30. |
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